cherche serveur-routeur en 255.255.0.0

Stephane Bortzmeyer stephane at sources.org
Mar 7 Avr 06:30:54 UTC 2009


On Mon, Apr 06, 2009 at 12:21:31PM +0200,
 alain.hanoul at belgacom.be <alain.hanoul at belgacom.be> wrote 
 a message of 42 lines which said:

> Peux tu etre plus précis ? Que veux tu dire par qu'il fasse
> 255.255.0.0 ? 

Je me suis posé la question aussi.

> Il me semble que tu peux toi même définir ta classe d'ip privée 

Attention, les classes ont été supprimées il y a quinze ans.


http://www.bortzmeyer.org/fini-les-classes.html

Première rédaction de cet article le 20 Mai 2008

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On voit souvent des administrateurs réseaux parler de « classe B » ou 
de « classe C » en se référant à un groupe d'adresses IP. Ces termes 
sont dépassés et reflètent une réalité qui a disparu depuis longtemps. 
Ils ne devraient plus être employés.

Pour expliquer pourquoi, je dois faire un détour sur la façon dont 
fonctionne l'adressage IP, normalisé, pour IP version 4, dans le RFC 
791. Les adresses IPv4 faisant 32 bits, ce protocole permet 2^32 soit 
plus de quatre milliards d'adresses. Pas question que les routeurs 
aient une route vers chacune de ces adresses. Leur mémoire n'y 
suffirait pas et, surtout, le rythme de changement serait trop élevé. 
On regroupe donc aujourd'hui les adresses contiguës en *préfixes* de 
longueur N où N est le nombre de bits qui servent à identifier le 
préfixe, les autres bits identifiant la machine. En IPv4 et IPv6, ce 
nombre de bits n'est pas fixé par le protocole, il est déterminé par 
l'administrateur système. On note un réseau par son préfixe, suivi 
d'une barre oblique et de la longueur du préfixe. Par exemple, le 
préfixe 192.0.2.128/25 a une longueur N de 25 bits, ces 25 bits valant 
11000000 00000000 00000010 10000000, laissant 7 bits pour identifier 
une machine sur ce réseau. Si plusieurs routes sont possibles pour une 
destination donnée, le routeur prendra la *plus spécifique* (celle dont 
N est le plus grand).

A t-on toujours fait comme cela ? Non. Il y a de nombreuses années, les 
préfixes étaient de taille fixe, on avait uniquement le choix en des 
préfixes de longueur 8, baptisés « classes A », de longueur 16, les 
« classes B » et de longueur 24, les « classes C ». Ce système était 
très rigide et gaspillait considérablement les adresses (si une classe 
C ne suffisait pas, pas possible de prendre un /23, il fallait sauter 
directement à une classe B). Il a donc été abandonné au profit de 
l'adressage actuel, qui avait été baptisé CIDR pour "Classless 
Inter-Domain Routing". "Classless" donc, « sans classe ». Ce nom dit 
bien ce qu'il veut dire, les classes ont disparu.

Le premier RFC sur les idées qui mèneront à CIDR a été le RFC 1338 en 
juin 1992. Le RFC 1467 en août 1993 faisait le point sur le déploiement 
de CIDR. Les RFC 1518 et RFC 1519 en septembre 1993 sont les premier à 
décrire CIDR sous sa forme actuelle, pendant que le RFC 1517 décrivait 
les motivations et les problèmes que CIDR visait à résoudre. C'est donc 
depuis quinze ans que les classes ont disparu ! Révisée, la norme 
actuelle est le RFC 4632. Comme on le voit, l'adressage actuel est très 
ancien. Il est très inquiétant que des enseignants ignorants donnent 
toujours des cours IP où les classes sont citées, sans préciser 
qu'elles n'ont qu'un intérêt historique.

Les classes se voient encore un peu dans certaines techniques comme le 
DNS où les délégations dans in-addr.arpa se font sur des frontières 
d'octets. Ce problème a été largement réglé par le RFC 2317.

Pendant les quelques années où la communauté Internet testait la 
nouvelle technique, certains termes avaient été utilisés, qui n'ont 
plus de raison d'être. C'est ainsi qu'on parlait de "supernetting" pour 
désigner l'*agrégation* de plusieurs classes en un préfixe plus général 
(cette technique étant la base de CIDR, elle n'a plus besoin d'un nom 
spécifique, même s'il faut encore apparemment dire à IOS ip classless 
pour qu'il l'accepte). De même, les VLSM ("Variable Length Subnet Mask" 
ont été oubliés : le masque du réseau est désormais *toujours* de 
longueur variable.

Le successeur d'IPv4, IPv6, est, lui, parti proprement en tenant compte 
de l'expérience de son prédécesseur et a toujours été « sans classe ».





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